Un peu d’histoire…

Pour l’école Sainte-Marie de Châtelet, tout commence en 1626 lorsque des religieuses de l’ordre de Saint Dominique fondent un couvent dans la rue Neuve. Ce sont les magistrats de la ville qui firent venir les Sœurs : en effet, de 1625 à 1626, la peste décima plus de la moitié de la population châtelletaine. Le curé et le pasteur de la ville ayant eux aussi succombé au fléau, il ne restait plus personne pour enterrer les victimes de l’épidémie.

La ville se remit du traumatisme. Les Sœurs, implantées dans la ville, jetèrent les bases d’une école, et d’un internat, qui prirent une certaine ampleur pendant plus d’un siècle.

Mais un désastre se produisit le 25 juin 1794. Ce jour-là, les Français livrèrent bataille aux Autrichiens à Fleurus et sortirent vainqueurs de ces échauffourées. Lorsqu’ils arrivèrent à Châtelet, ils laissèrent deux heures aux Sœurs pour quitter les lieux. Les religieuses mirent les enfants en sécurité. Fort heureusement, les soldats français n’assassinèrent pas les religieuses qui prirent la fuite, comme cela se fit dans beaucoup d’autres villes concernées par la Révolution. Le couvent fut pillé et des individus se livrèrent à des actes anticléricaux : ils brisèrent le crucifix du portail, lapidèrent la statue de Saint Dominique et donnèrent un bal dans la chapelle. La légende raconte que tous les profanateurs connurent une fin tragique.

Toutes les religieuses de Châtelet ne quittèrent pas la ville : trois d’entre elles furent hébergées par une famille et reprirent les cours à la rue du Rempart. Cette petite école de fortune maintint son activité jusqu’au décès de la dernière des Sœurs, nous sommes alors en 1828.